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Cinq luminaires extérieurs remis en service sur une installation des années 50

Un weekend chez mon beau-père, dans une maison avec une installation électrique extérieure des années 50. Au programme : remettre en service les cinq luminaires extérieurs, tous hors service depuis plus de vingt ans. Câbles en coton, boîtes de dérivation en porcelaine, une boîte de dérivation en métal complètement rongée par la corrosion. Le tout en réutilisant au maximum l'existant, parce que les vieux passages de gaine ne pardonnent pas.

Cinq luminaires extérieurs remis en service sur une installation des années 50

Ça y est, les cinq luminaires extérieurs ont été remis en service chez mon beau-père ce weekend. Une grande bâtisse avec une installation électrique extérieure datant des années 50, donc clairement plus aux normes depuis longtemps. Tous les points lumineux extérieurs étaient hors service depuis plus de vingt ans et l’encvie de pouvoir se déplacer la nuit autour de la maison en toute sécurité commençait à devenir une vraie préoccupation. J’ai profité d’un passage ce weekend pour tout reprendre.

Une installation d’époque, dans son jus

Pour planter le décor : on parle d’une installation des années 50, qui n’a quasiment pas bougé depuis. Et quand je commence à ouvrir les boîtes et à tirer sur les fils, je tombe sur tout ce qui se faisait à l’époque et qui a complètement disparu des installations modernes.

Du fil isolé au coton d’abord. Pour ceux qui n’en ont jamais vu, c’est exactement ce que ça dit : un conducteur en cuivre entouré d’une gaine textile, parfois renforcée d’une couche de caoutchouc qui s’effrite dès qu’on y touche. Des boîtes de dérivation en porcelaine ensuite, fixées au mur avec deux vis, avec leurs petites bornes à serrer. Et puis, dehors, des boîtes de dérivation en métal, censées être étanches à l’origine, mais qui ont passé soixante-dix hivers en extérieur.

Sur la photo ci-dessous, une de ces boîtes de dérivation métal, déposée d’un des luminaires extérieurs : la rouille a tout mangé, l’étanchéité n’existe plus depuis longtemps et l’eau s’invite à l’intérieur à chaque pluie. Tu m’étonnes que plus rien ne fonctionnait.

Boîte de dérivation métal extérieure rongée par la corrosion La boîte de dérivation métal d’un des luminaires extérieurs, complètement rongée par la rouille et le temps. Quand l’étanchéité d’origine cède, l’eau s’invite et la corrosion fait le reste.

Composer avec l’existant : la contrainte numéro un

La règle du jeu sur ce type d’installation, c’est qu’on ne peut pas tout refaire à neuf comme on le ferait sur un chantier classique. Les passages de gaine ont l’âge de la maison, ils sont noyés dans les murs en pierre, parfois dans des conduits qui ne ressemblent à rien de standard et essayer d’y faire passer un câble neuf, c’est jouer à la loterie.

J’ai donc abordé le chantier avec une consigne claire pour moi-même : réutiliser au maximum les câbles existants et ne refaire la tirée que là où c’était strictement nécessaire ou réellement faisable. Sur les cinq luminaires, j’ai pu passer des câbles neufs sur deux d’entre eux, là où les gaines acceptaient encore un nouveau passage. Sur les trois autres, j’ai gardé les conducteurs d’origine, en vérifiant qu’ils tenaient encore la tension et qu’ils n’étaient pas dégradés au point d’être dangereux.

Ce n’est pas l’idéal, je suis le premier à le dire. L’idéal, ce serait de tout refaire. Mais entre une installation hors service depuis vingt ans et un beau-père qui peut à nouveau allumer son extérieur sans risquer de tomber dans le noir, le compromis a du sens. Et ces cinq luminaires sont aujourd’hui en bon état de marche, sécurisés, avec des protections amont qui font leur travail.

L’enquête au multimètre : retrouver les paires interrupteur / luminaire

Il y a un moment qui m’a beaucoup amusé sur ce chantier. Quand une installation électrique ne fonctionne plus depuis longtemps, la mémoire des occupants se brouille. J’ai demandé à mon beau-père quel interrupteur était censé allumer tel lampadaire extérieur. Il était sûr de lui, formel : c’est celui-là, j’en suis certain. Je teste, je bascule l’interrupteur en question : rien. Évidemment.

Pas grave, ça fait partie du jeu. La solution, dans ces cas-là, c’est l’enquête au multimètre. Tests de continuité, circuit par circuit, pour retrouver les bonnes paires interrupteur / luminaire. On déconnecte les conducteurs côté luminaire, on shunte l’interrupteur, on cherche la continuité à l’autre bout. Patience et méthode.

Et comme c’est une vieille installation, il y a en plus quelques va-et-vient à réidentifier. Sur les luminaires extérieurs, certains points sont commandés depuis deux endroits différents (la porte d’entrée et la salle de jeux, par exemple). Là encore, plus personne ne se souvenait précisément de quel interrupteur commandait quoi. Même méthode : on isole, on teste, on reconstitue le schéma au fur et à mesure.

C’est lent, c’est fastidieux, mais c’est le seul moyen sérieux de remettre une installation comme celle-ci en ordre. Et c’est ce que j’aime dans ce genre d’intervention : on enlève une couche, on documente ce qu’on trouve et petit à petit on redonne du sens à ce qui n’en avait plus.

Intervention sur un des luminaires extérieurs
En intervention sur un des cinq luminaires. Sur ce type d'installation, chaque dépose se fait précautionneusement : on ne sait jamais ce qu'on va trouver derrière et il vaut mieux préserver l'existant tant qu'on peut.

L’étanchéité des boîtes de dérivation extérieures : le gel, pas autre chose

Une fois les bons couples retrouvés, restait à reconnecter proprement et surtout à s’assurer qu’on ne se retrouverait pas dans le même état dans quelques années. Pour une boîte de dérivation extérieure qui doit rester étanche dans la durée et pour éviter tout risque de corrosion ou d’oxydation des connexions, la bonne réponse, c’est le gel d’étanchéité.

Le principe est simple : on remplit la boîte de dérivation avec un gel de remplissage spécifique, qui enrobe complètement les connexions et bloque toute infiltration d’humidité. Plus d’eau, plus de condensation, plus d’oxygène libre autour des bornes : la corrosion n’a plus de prise. C’est ce qui transforme une boîte qui finirait inévitablement comme celle de la photo plus haut en une boîte qui peut rester en place tranquillement pendant des décennies.

Sur les cinq points lumineux remis en service, c’est cette protection qui fait la différence entre un dépannage qui tient un hiver et une intervention qui tient sur la durée.

Boîte de dérivation extérieure remplie de gel d'étanchéité Une nouvelle boîte de dérivation extérieure, garnie de gel d’étanchéité. Les connexions et les Wago sont entièrement enrobés : plus d’humidité, plus d’oxygène libre autour des bornes, plus de corrosion possible.

Refaire les vitres cassées au plexiglas

Sur ces vieux luminaires, la question de l’étanchéité ne s’arrête pas à la boîte de dérivation. Plusieurs lampadaires avaient leurs parois cassées (le verre d’origine n’avait pas survécu aux années) et il fallait absolument les remettre en état si on voulait éviter que l’eau ne s’invite à l’intérieur du luminaire à chaque pluie.

Plutôt que de partir sur du verre, on a choisi le plexiglas. C’est nettement plus résistant aux chocs (un coup de vent qui fait tomber une branche, par exemple, ça ne casse pas), c’est plus simple à découper aux cotes voulues et c’est exactement ce qu’il faut pour retrouver l’étanchéité de ces vieux luminaires extérieurs sans avoir à s’inquiéter de leur tenue dans le temps.

Et c’est un atelier que j’ai pu faire avec ma femme, ma belle-sœur et beau-frère : un travail d’équipe pour mesurer chaque luminaire, découper les parois à la meuleuse et les replacer une à une. L’occasion de redonner à ces luminaires une étanchéité qu’ils avaient perdue depuis longtemps.

Cinq points lumineux, un extérieur enfin praticable la nuit

Au bout du compte, ce weekend a permis de remettre les cinq luminaires en état de marche. Le résultat est très concret : on peut désormais sortir de la maison la nuit, faire le tour du bâtiment, aller chercher quelque chose dans une dépendance, sans avoir à sortir une lampe torche et à faire attention où on met les pieds. C’est typiquement le genre d’amélioration qu’on n’imagine pas tant qu’on ne l’a pas et qu’on ne veut plus perdre dès qu’on l’a retrouvée.

Vue d'ensemble de deux luminaires extérieurs allumés Vue d’ensemble de deux des cinq luminaires une fois remis en service. L’éclairage extérieur, c’est un confort qu’on redécouvre vite quand il revient.

Luminaire d'entrée remis en service Le luminaire d’entrée, remis en service lui aussi. C’est probablement celui qui change le plus la vie au quotidien : on n’arrive plus chez soi dans le noir.

Ce que je retiens de cette intervention

Ce qui me plaît dans ce type d’intervention sur une installation ancienne, c’est qu’on est obligé de penser autrement. On ne déroule pas un chantier comme sur du neuf, on compose : avec ce qui existe, avec ce qu’on peut sauver, avec ce qu’on ne pourra pas refaire dans des conditions raisonnables. Il faut savoir dire « ça, je garde » et « ça, je remplace ». Il faut aussi accepter que tout ne sera pas parfait et viser le meilleur compromis sécurité / faisabilité.

C’est aussi un excellent terrain d’apprentissage. Toute la partie « identification au multimètre » est exactement le genre d’exercice qui fait progresser. On part d’une situation où plus rien n’est documenté et on en sort avec un schéma propre, des paires interrupteur / luminaire identifiées et une installation qu’on connaît mieux que les gens qui vivent dans la maison depuis des décennies.

Et puis, sur le plan humain, dépanner ce genre d’installation chez un proche, c’est toujours un plaisir particulier. Mon beau-père peut désormais faire le tour de sa maison la nuit en toute sécurité. C’est une petite chose, mais c’est exactement le genre de petites choses qui font que ce métier me plaît autant.


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